Vers la fin de l’AERES?

Il n’est de secret pour personne ayant un tant soit peu suivi les assises de l’enseignement supérieur que l’AERES n’est pas en odeur de sainteté dans les milieux académiques, et particulièrement à gauche. (l’AERES est encore très associée dans les esprit au nom du Ministre de l’enseignement supérieur Valérie Pécresse qui l’a mise en place en 2007 sous le gouvernement précédent*).

La charge : les assises

Les critiques ont fusé pendant les assises à l’automne (ici un article
succint sur les positions tenues). La question a été mise sur la table d’emblée (elle n’aurait de toute façon pas été évitée par les chercheurs !) :

J’attends aussi des assises, des propositions précises quant au rôle et au devenir de l’Agence nationale de la recherche (ANR) et de l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’Enseignement supérieur (AERES), dont personne ne conteste sérieusement l’intérêt, mais dont le fonctionnement doit être amélioré.
[M. Jean-Marc Ayrault, Assises nationales de l’enseignement supérieur et de la recherche au Collège de France,  à Paris les 26 et 27 novembre 2012]

Le rapport sur les Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche retient la critique, mais réaffirme la nécessité de l’évaluation:

Il est incontestable qu’un message de fort mécontentement vis-a-vis du dispositif AERES a été lancé tout au long du processus des Assises,
même si par ailleurs les avancées qu’ont permis cette agence ont elles aussi été rappelées

et maintenant ?

Qu’a retenu Geneviève Fioraso de ces débats sur l’AERES ?

Au cours des Assises, le débat fut vif sur le sort qu’il convenait de réserver à l’AERES : simple réforme ? Suppression pure et simple ? Suppression et création d’une nouvelle agence nationale d’évaluation ?
[Discours tenu lors Clôture de l’audition publique de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques à Paris le 4 décembre 2012]

Le calendrier des assises prévoit la mise en oeuvre d’un projet de loi au printemps 2013. La décision presse donc.

Et patatras, des déclarations fracassantes sont reprises suite au dîner annuel de la Conférence des présidents d’université, jeudi 20 décembre (soit le lendemain de la concertation entre le ministère et les organisations syndicales).

Je souhaite à cet égard que l’Aéres actuelle soit remplacée par une agence nationale entièrement redéfinie à partir des principes d’indépendance, de simplicité de fonctionnement et de procédures ainsi que de légitimité scientifique et de transparence

Nombre de journaux en ligne reprennent cette citation, sans qu’au communiqué officiel ne vienne en confirmer la teneur (dépêche AFP le 20 décembre lisible sur les sites vousnousils; intelligo ; article du  monde le 3 janvier “Fin de vie pour l’AERES“…mais rien dans les discours publics ni sur le site du Ministère, qui plastronne toujours, l’AERES de son côté mettent place un groupe de travail en vue de faire évoluer l’évaluation des unités de recherche au nom évocateur de MIKADO …).

Que va-t’il se passer?

  • Va t’on vider une boîte (l’Aéres) pour en remplir une autre (au mandat proche mais aux méthodes “améliorées”) ?
  • Simple changement de nom ?
  • L’Aéres peut-elle continuer à exister comme instance reconnue au niveau européen (registre EQAR: European Quality Assurance Register for Higher Education; destiné à favoriser les échanges internationaux dans le cadre du processus de Boologne) ?
  • Verrons-nous une vacance de l’évaluation le temps d’un entre-deux de respiration pour les chercheurs ?

Nous en saurons plus à mesure que le projet de loi se précisera, la vigie vous dira la suite !

—-

*alors même que l’AERES était juridiquement prévue (comme l’A.N.R. et les PRES), par la loi de programme et d’orientation sur la recherche de 2006. L’Aéres semble implicitement se défendre de cette filiation  sur son site, en se plaçant dans un contexte historique plus long et plus large :

La mise en place de l’AERES en 2007 s’inscrit dans une dynamique lancée il y a plus de dix ans par le processus de Bologne. La création de l’AERES répond à la volonté de mieux servir le système français d’enseignement supérieur et de recherche, dans un contexte d’internationalisation croissante.

Une réflexion au sujet de « Vers la fin de l’AERES? »

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