La guerre des chapelles n’aura pas lieu

…à mois qu’elle n’ait déjà débuté.

Scène en deux actes : d’abord la Cour des Comptes, ensuite un très intéressant article du CGSP

Acte 1: Quand la Cour des comptes passe en revue la plus emblématique des évaluations économiques du moment

Dans un article d’invité publié récemment par la Vigie, les auteurs s’interrogeait sur l’éclatement de la communauté des évaluateurs en 4 chapelles distinctes et peu perméables:

  • la chapelle SFE
  • la chapelle des économistes
  • la chapelle des corps d’inspection
  • la chapelle Cour des Comptes

Peu après, Renaud Epstein fait remarquer comment la Cour des comptes épingle l’évaluation des internats d’excellence

La critique de la Cour des comptes est indirecte, mais les rédacteurs sont très économes de leurs louanges (qu’ils réservent au système d’évaluation de l’ANRU) :

Une évaluation dite quantitative − comparaison sur trois ans des résultats de deux cohortes d’élèves, (…) a été décidée et confiée à l’École d’économie de Paris avec une enveloppe de 725 000 € que le fonds a financée (540 000 € ont été consommés à fin juillet 2013)

Et la Cour de poursuivre sans commenter le montant hors norme consacré à l’évaluation :

  • Choix de l’évaluateur en absence totale de mise en concurrence et en dehors des pratiques usuelles du FEJ
  • Retard de 6 mois pour la livraison du rapport
  • Décision publique prise bien avant les résultats de l’évaluation
  • Conclusion assez générale “un dispositif efficace qui laisse ouverte la question des actions à plus grande échelle”

Pour vous faire un avis sur cette évaluation, consultez l’interview des auteurs par le Monde “L’internat d’excellence fait progresser les élèves en maths, pas en français

Acte 2 : Quand le CGSP appelle à “un pilote dans l’avion évaluation”

Dans un article du 7 février intitulé L’évaluation dans tout l’État ?, le CGSP revient sur le développement de l’évaluation en France.

Bien rédigé, il présente en quelques lignes le développement historique de l’évaluation et s’arrête sur la situation actuelle sous le titre un brin provocateur “Beaucoup ou trop d’évaluateurs“.

Faisant le constat de la multiplicité des acteurs et de leurs approches (méthodes, critères, niveau politique…), l’article propose deux voies de progrès:

  • l’intégration de l’évaluation comme un élément central de la réforme des politiques et non comme un outil parmi d’autres du débat public

et

  • l’organisation du savoir évaluatif, par un acteur “pilote” au niveau national

A défaut de prendre position sur cet acteur, il semble qu’une coordination, une organisation des thèmes d’investigation et des questionnements évaluatifs donnerait plus de visibilité et de crédibilité aux résultats.

Mais qui pourrait être cet acteur ?

La Cour des Comptes ? Le CGSP ? Le CAS ? Le CAE ? le SGMAP ? la SFE ?

finalement, la guerre des chapelles aura peut-être lieu…

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