Comment évaluer l’impact des politiques publiques selon France Stratégie

Article rédigé par Thomas, pour la vigie

France Stratégie a publié cette semaine un guide à l’usage des décideurs et des praticiens pour évaluer l’impact des politiques publiques.2016-09-20-21_38_39-films-et-tv

On ne peut que se féliciter de l’implication de France Stratégie et de son Commissaire général, Jean Pisani-Ferry, au service de l’évaluation et plus généralement de la décision basée sur la preuve, en particulier dans les débats de la présidentielle à venir. C’est la suite logique d’un effort de positionnement sur l’évaluation de politiques publiques depuis au moins 2014.

Les modèles d’évaluation d’impact résumés par France Stratégie

Autant prévenir tout de suite que selon les auteurs, il est question ici des “évaluations d’impact”, et non pas de toute la diversité des approches d’évaluation des politiques publiques. Il n’est réellement présenté que deux types de méthode : les approches contrefactuelles pour mesurer les effets des politiques publiques, et l’approche structurelle (ou pour le dire autrement, la modélisation). Le sommaire annonce très vite la conception d’étude d’impact promue par le guide :

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Reste qu’il est désespérant de constater qu’en 2016, la seule ouverture de France Stratégie à la diversité des méthodes consiste en quelques pages sur l’approche qualitative, utilisée pour éclairer les résultats obtenus avec les approches contrefactuelle ou structurelle.

Existe-t-il d’autres approches évaluatives légitimes ?

De façon générale, ce guide fait l’impasse sur 40 ans de recherche sur l’évaluation, comme en témoigne sa bibliographie très franco-française et ne renvoyant à aucun des principaux chercheurs internationaux en évaluation de politiques publiques.

Il est troublant de voir que les auteurs continuent à affirmer que les méthodes contrefactuelles sont “athéoriques”, c’est-à-dire qu’elles “ne reposent pas sur une théorie établissant les mécanismes par lesquels l’action publique affecte le bien-être des citoyens.” Cela fait pourtant près de 10 ans que les praticiens de l’évaluation savent qu’une évaluation, même contrefactuelle, s’appuie sur une théorie du changement. La simplicité de cette théorie est d’ailleurs une condition pour la mise en œuvre de telles méthodes. Esther Duflo elle-même, pourtant citée dans la bibliographie, utilise cette approche.

Des méthodologies différentes, pour une finalité commune

Réconcilions-nous avec la conclusion :

Qu’il s’agisse de mesurer l’impact d’un dispositif sur ses bénéficiaires ou les effets de sa généralisation, d’expliquer les raisons de son échec ou de son succès, ou encore d’en mesurer l’efficience relative, les résultats des évaluations doivent produire des résultats, non seulement rigoureux, mais également compréhensibles par les décideurs et l’opinion publique. […]

Parce que l’efficacité des politiques publiques est un enjeu majeur, la loi, lorsqu’elle instaure un nouveau dispositif, pourrait non seulement prévoir son évaluation, mais aussi les moyens nécessaires à cette évaluation… dans les règles de l’art.

Consulter le guide sur le site de France Stratégie

Télécharger (PDF, 856KB)

 

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A propos Thomas D.

Thomas D. est bloggeur invité de la vigie de l’évaluation. Thomas est membre de la communauté internationale des évaluateurs depuis plus d’une décennie. Il contribue à la Vigie de l’évaluation de l’évaluation par sa veille, des articles d’actualité et d’opinion, pour l’animation des débats sur les pratiques d’évaluation de politiques publiques.

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